Introduction

Depuis son apparition dans les années 1920, le cinéma  sonore est le divertissement populaire et le moyen de communication et de propagande par excellence, apprécié pour ses dimensions artistiques et esthétiques et qui est souvent le fruit d’adaptations littéraires. Le cinéma a été pendant longtemps le reflet de la mémoire officielle que l’Etat souhaite diffuser. Sous l’influence de la censure et du contrôle de cet Etat, le cinéma contribue à l’apologie ou à la dénonciation des attitudes des Français sous l’Occupation pendant la Seconde Guerre Mondiale. La mémoire constitue l’idée qu’une personne se fait d’un moment passé dans l’histoire, il n’est donc pas forcément objectif. La relation entre la Résistance et le cinéma sont très étroits. La Résistance, ostensible avec les appels du général de Gaulle, secrète pour la résistance intérieure, triomphale lors de la libération avec la parade des Champs-Élysées le 26 août 1944. Exploits individuels ou collectifs, rendez-vous mystérieux, mots de passe, voyages clandestins, amitiés, rivalités, trahisons, danger, constituent des sujets passionnants pour un le cinéma. Le cinéma français (comme étranger par ailleurs) tirera parti de ces faits et plus d’un film inspiré par la période de l’Occupation compte parmi les chefs-d’œuvre du cinéma français.

Dans l’immédiat après-guerre émerge un courant patriotique conduisant à une résistance glorifiée. La résistance depuis la prise de Paris en juin 1940 jusqu’à la Libération en 1944 était une forme de contestation, de rejet de l’occupation allemande en France mais aussi de rejet des collaborateurs qui se manifestait par des actes de sabotage, de renseignements, d’opérations militaires, de sauvetage de juifs et de prisonniers…

Puis, s’ouvre, en 1970, une période de remise en cause du mythe de la France unie et résistante avec l’apparition des aspects méconnus de la Résistance : la mémoire juive, l’action des étrangers, la collaboration et/ou l’attentisme de nombreux français, le rôle des femmes dans la résistance.

Depuis une trentaine d’années, la Résistance est devenue une lointaine référence à laquelle le cinéma rend hommage et sa représentation varie de la banalisation à l’historicisation.

Notre sujet, s’inscrit donc dans le thème « Représentations et Réalités » puisque comme le cinéma est le résultat de la volonté de l’Etat, des idées actuelles ou de celles du réalisateur, la représentation de faits historiques comme ceux de la Résistance tendent vers la subjectivité.

Des questions se posent alors : Comment le cinéma, de 1945 à nos jours, a-t-il participé à la construction de la mémoire collective sur la Résistance Française ? Comment cette mémoire collective traduit-elle l’évolution de la représentation des « années noires » ?

Cinq films ont été retenus pour servir de base à notre analyse. Parmi eux, La Bataille du Rail, et Paris brûle-t-il de René Clément, l’un  sorti en 1946 et l’autre en 1966 qui mettent en scène une image glorifiée du Résistant.

De 1970 à 1980, durant la période de remise en cause du mythe résistancialiste, le film le Chagrin et la Pitié de Marcel Ophuls en 1970 marque une rupture fondamentale dans cette évolution.

Enfin, de 1980 à nos jours, des films comme Papy fait de la résistance de Jean-Marie Poiré en 1983 ou encore Uranus de Claude Berri en 1990 illustrent bien l’esprit de banalisation ou d’historicisation de la Résistance française à l’occupation allemande.

2012-02-25-001858-3.jpg

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site